Vivons heureux, vivons cachés!?

Cela sûrement la morale de cette courte relation qui lui a semblé idyllique, initiée en ligne, ce début juillet bien caniculesque.

Un match depuis une application de rencontres, quelques échanges, Gna-Gna réalisait que cet homme – nous l’appellerons « Chèz » – est dans « sa liste d’amis » sur un réseau social.
Il lui propose d’aller danser et boire un verre.

Un brin méfiante, curieuse et constatant qu’ils avaient une proche amie en commun, Gna-Gna la contacta afin que celle-ci la briefe si la personne tient la route pour aller boire un verre avec. Son amie de longue date lui dit que Chèz est un homme chouette , qu’elle ne l’a pas revu depuis 20 ans et avait à l’époque un crush pour lui.
C’est la première fois que son amie mentionne cette personne.
Gna-Gna prend cette information avec le plus grand soin, exprimant à son amie sa gêne bien évidente par rapport à une situation qui ne lui était jamais arrivée.
Précautionneuse elle l’a été, sincère aussi avec les 2.

Gna-Gna et Chèz se sont fréquentés, ils ont passé quelques après-midi et nuits de juillet les deux et après 3 semaines, Gna-Gna était bien.

Sa sincérité et sa gêne exprimée envers son amie aura ouvert, en celle-ci, la porte à une forme d’identification, voire de revendication par rapport à ce que Gna-Gna vivait et ressentait.
Au point qu’elle demanda à Gna-Gna si, elle aussi, avait « le droit » de s’inscrire sur le réseau où elle avait rencontré Chèz, car sur Tinder, elle ne rencontrait que des plans légers chocolatés.
Gna-Gna sut immédiatement ce qui se tramait derrière sa requête : se positionner en tant que rivale avec elle et lui envoyer un charme.

Enfantillages, immaturité, Tournez ménages!

Dimanche, Gna-Gna avait passé un bout de l’après-midi chez lui avant qu’il ne parte quelques jours avec ses enfants.
Leurs étreintes, caresses et moments à deux avaient généré beaucoup d’occytocine et Gna-Gna était sur un petit nuage lorsqu’elle rentra chez elle.

Son amie l’appela, elle quittait son cercle de dessin et aimerait passer à l’improviste la voir.

… 40 minutes après ces baisers et cette belle émotion qui fleure bon les débuts de relation, le milieu de l’été …

Son amie l’informe que cet homme qu’elle fréquente depuis 3 semaines est toujours en train de chercher l’amour sur ce site de rencontres. Après avoir vu son profil plusieurs fois en proposition, elle n’a pu que lui envoyer un charme et celui-ci a bien mordu à l’hameçon.
Chèz lui a proposé d’aller boire un verre vendredi prochain. Ainsi, elle voudrait demander à Gna-Gna son autorisation.
Que répondre à une telle demande? Encore une!!
Sonnée, désabusée, mais fière, elle lui donna son aval.

… Elle, toute excitée, tu comprends, car elle le connaît très bien, plein de beaux souvenirs à évoquer avec lui, toute boostée par son rencard de fin de semaine … elle aussi a droit au bonheur, elle aussi, a une place dans le manège de l’amour. C’est si simple!…..

35 minutes après avoir déposé son message, son amie est partie, la laissant dans sa souffrance, en état de choc et soudainement privée de cette lumière qu’elle avait vu se raviver en elle.
Car oui, en bonne amie et confidente, Gna-Gna lui avait confié à quel point elle était éteinte, toutes ces années durant.
Et son bonheur, sa joie toute relative d’une relation dans ses débuts, avait irradié, malgré elle.

Mordu à l’hameçon

Sincère avec lui également, au bout de leur 3e rencontre, elle s’était confiée à lui, il avait l’info.
Se présentant comme un mec entier et classique, se posant des questions s’il ne faisait pas fausse route? Célibataire après une longue relation avec enfants et une relation sparadrap.

Lorsqu’en réponse à un de ses messages le jour-même, elle lui mentionna que son amie était passée la voir, Chèz eut la réponse vite faite :
« oui on s’est dit qu’on se verrait au concert de vendredi prochain ».
Puis, dans un autre message le jour suivant : « D’ailleurs tu veux y venir avec moi à ce concert? »

Et hop je t’emballe ceci en un beau geste amical et fait en toute intelligence et en plus je suis incroyablement rassurant et bienveillant car je te propose de t’inviter au rencard que j’ai proposé à ton amie au détour d’un match sur bulle de fion (Bumble), après 2-3 semaines de relation avec toi?

Gna-Gna l’informe qu’elle est mal, que ça passera et qu’elle ne pense pas aller au concert de vendredi, déclinant ainsi son invitation à se joindre au date qu’il a proposé à son amie…

Il est désolé que ça n’aille pas très bien et lui envoie plein de lumière…

– ce sont bien ses mots –

Qué vilania!

Inconstant, inconsistant, blessant.

L’analyse, elle ne l’a pas et ne l’aura probablement jamais, Dieu la garde de relations stériles et douloureuses. Probablement un besoin de papillonner, couplé à une dépendance affective, à relier à son nouveau statut de célibataire dont il n’a pas encore les codes, et qui ressemblent à ceux d’une relation suivie.
Un peu démon de midi, qui l’ego gonflé par son potentiel de séducteur se dit que l’été n’est pas fini et qu’il peut, peut être, ne pas se limiter à une rencontre qui le bloquerait dans un couple, alors qu’il pourrait être avec quelqu’un de plus adapté à son gabarit et à sa beau-gosse-attitude.

Liberté-liberté

Il a le temps, son abonnement n’est pas arrivé à terme. L’été non plus.
Cet automne, il fera un peu plus de tri en vue de l’hiver qui va arriver.

Liberté / Yelli Yelli

Morale de l’histoire ?

Sororité, authenticité, lorsqu’il y a une histoire de cœur, il faut parfois rester secrète et garder pour soi, les informations que les personnes malintentionnées ou envieuses pourraient utiliser contre nous.

Remercier la providence de l’avoir effectivement éclairée sur ses intentions et sa personne, et ce au tout début de leur rencontre et non lorsque la relation aurait été plus engagée, rendant la douleur, blessure encore plus grande.

Blessure, oui. Blessure d’ego

Sans aucune honte. À y avoir cru, à avoir ressenti des ersatz d’émotions qu’elle n’avait point ressenti depuis longtemps et y renoncer d’elle-même, subitement, avec douleur et sans perte ni fracas.
Cet état de fait, cette renonciation quasi immédiate la concernant, la fait souffrir bien entendu, mais elle se bat pour un amour plus grand, plus haut, qui est respectueux et source de bonheur.

Ces amours qui naviguent entre des « merci-merci, gros câlins » mêlés à des coups de p…. et à une violence sournoise, sous-jacente, jamais exprimée, elle n’en veut pas, elle n’en veut plus.

Ce mythe ne fonctionne plus avec elle.

Elle a mis fin aux mécanismes de la violence et ne ne croit plus que tout bonheur s’accompagne inévitablement, irrémédiablement de moments destructeurs et douloureux.

Cette histoire ne fait plus sens pour elle.

Elle a ainsi arrêté d’alimenter cette histoire qui n’est plus sienne.

Sans perdre son énergie dans le ressentiment ou la tristesse, elle a juste décidé de briser ces croyances et cercles de violence et ainsi de ne pas assumer, de refuser de porter ces comportements qui ne lui appartiennent pas et ne la nourrissent pas.

Elle ne croit plus également au charabia de ces hommes, inconscients, qui lui « reprochent » de trop vivre la blessure du féminicide de sa sœur, en en parlant 10 ans après, et en ne tabouïsant point ce qu’elle a subi malgré elle.

Elle s’en fout si cela la dessert.
Honte à eux de lui reprocher ou de l’assimiler à ce drame subi, à cet homme qui lui a pris sa sœur, qu’il considérait comme sa chose et qui n’avait pas le droit de connaître la liberté après lui. Après, ils veulent vous la mansplainer, vous l’imposer leur liberté.
Les personnes sombres ce sont elles. Voilà c’est dit.

Certaines personnes ont besoin de vous voir souffrir, car elles souffrent tout simplement, elles veulent vous offrir un peu de leurs états d’âmes dans l’espoir que vous vous les appropriiez.

Parfois elles détestent votre liberté, elles pensent vous faire plier, en vous faisant vous sentir menacée.
Trop de copains dans votre cercle d’amis, il aime pas ça, mais en bon passif-agressif, il a omis de vous le dire.

Acte manqué? Quiet-quitting amélioré? Relation libre suggérée? Situationcheap à la noix ? Sûrement. Attachement évitant ou pas. Il ne prendra pas même pas la peine de la contacter.

C’est l’effet « Comunitas », songe Gna-Gna; l’effacement, le temps d’un été, des étiquettes sociales qui organisent d’habitude nos rapports aux autres, et que Turner nomme « la Comunitas » . L’article d’Anecdate « Le crush d’été est-il un amour au rabais? » en parle.

Dénouement de l’histoire

On est mardi, jeudi puis samedi.
Un message de la copine vers 14h l’informant qu’elle avait annulé pour finir son rencard avec Chèz le soir d’avant, car elle ne voudrait pas qu’un homme les divise, terminant son message en lui rappelant qu’elle l’aimait très fort.

Le soir venu, elle voit un ami qui revient du Mexique, il lui offre un beau foulard et ils partent marcher du côté du lac pour le concert de Chicha libre au théâtre de l’Orangerie, excellent groupe offrant une Cumbia fusion absolument dansante.
Ils se trémoussent et qui voit-elle à 2 pas d’elle devant eux : l’homme en question.
Une bonne demi-heure à l’observer de dos et complètement dans sa bulle, avoir à disposition ce moment de recul afin de mieux le jauger, à la lumière de ces derniers événements.

Lui qui avait coupé court. Cela l’a beaucoup apaisée.
On aurait pu croire qu’il était sous trip, champis, tant il était absorbé par la musique.

Elle décide de s’avancer afin de lui faire réaliser qu’elle est là. Une simple main sur l’épaule.
Chèz va se retourner sourire et lui tendre ses bras, elle va le saluer et reculer immédiatement en coupant court à la conversation, juste lui faire savoir qu’elle était là.

Elle est avec son ami, ils dansent.
À sa gauche, elle remarque son ex, sa dernière relation avant celle-ci, qui danse à quelques pas.
Elle va le saluer sans s’attarder.
Quelle drôle de sensation, de situation.

Le karma parfois, ma foi.

De lui aucune nouvelle.
Gna-Gna se dit :
Va cagar.
Fin de l’histoire.
Relationnette-de-rien-du-tout-ète (été) ✨

Pour terminer ce billet qui fleure bon les amours d’été, sur une notes plus positive et musicale, rien de plus efficace que ce nouveau tube de Biga Ranx et Luiza « Elle et moi » sorti le 10 juillet.


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